Myopie

La Myopie est un défaut de l’œil dans lequel la lumière d’un objet situé à l’infini se projette, en l’absence d’accommodation, devant la rétine et non sur la rétine. Le rapprochement de l’objet vers l’œil, permet au myope de focaliser l’image de l’objet sur la rétine.

L’œil myope est donc réglé en vision de près : tout ce qui est vu avant une certaine distance est net. Tout ce qui est vu au delà de cette distance est floue. Plus la myopie est importante, plus l’œil est réglé de près. L’oeil normal est réglé en vision de loin.

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œil normal
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œil myope

La mesure de la myopie se fait en dioptrie.

Cette mesure ne doit pas être confondue avec les dizièmes de la vue.

Le réfractomètre automatique permet la mesure de la myopie.

Épidémiologie et fréquence de la myopie

La prévalence globale des erreurs réfractives (myopie, hypermétropie, astigmatisme)  a été estimée dans le monde, entre 800 millions et 2,3 milliards. L'incidence de la myopie dans les populations étudiées varie souvent selon l’âge, le pays, le sexe, l’origine ethnique, le métier et l’environnement rural ou citadin. La variabilité des méthodes d’analyse et l’absence de critères identiques d’une étude à l’autre rendent difficiles les  comparaisons de la prévalence de la myopie et de son évolution.

En France, la prévalence globale des erreurs réfractives (myopie, hypermétropie, astigmatisme) retrouvée dans la population du «Centre de bilan de santé de l’enfant de Paris», est de l’ordre de 33% des enfants testés âgés de 3,5 ans à 4,5 ans. Tabone rapporte une prévalence de 2,9% de myopes dans cette population.

En Chine et en Malaisie, près de 41% de la population est atteinte d’une myopie de plus de -1 dioptrie et 80 % d’une myopie au delà de -0.5 dioptrie, variant de 25% à l’âge de 6 ans à 75% à l’âge de 18 ans.

Les Asiatiques ont la pré­valence de myopie plus élevée que les Caucasiens (18,5% versus 4,4%) et inversement pour l’hypermétropie (19,3% versus 6,3%).

En Afrique, l’incidence de la myopie est de l’ordre de 10-20%.

Au Royaume-Uni, une étude récente incluant des étudiants a trouvé 50% de myopes parmi les blancs et 53,4%  parmi les Asiatiques.

En Australie, la prévalence globale de la myopie supérieure à -0.50 dipotrie est de 17%. Le pourcentage de patients ayant une myopie supérieure à -5 dioptries est de 2,5% de la population globale.

En Europe, une étude récente a montré que 26,6% d'Européens occidentaux âgés de 40 ans ou plus,  ont une myopie d’au moins -1.00 dioptrie. Le pourcentage de patients ayant une myopie supérieure à -5 dioptries est de 4,6% de la population globale.

Aux Etats-Unis, la prédominance de la myopie a été estimée à 20%. Le pourcentage d’enfants américains entre l’âge de 5 et 17 ans présentant une myopie est de 9,2%. Le pourcentage de patients ayant une myopie supérieure a -5 dioptries est de 4,5% de la population globale.

Au Brésil, une étude de 2005 a estimé que 6,4% des Brésiliens entre 12 et 59 ans ont une myopie supérieure à -1.00 dipotrie.

En Grèce, la fréquence de la myopie parmi des étudiants de 15 à 18 ans est de 36,8%.

En Inde, la fréquence de la myopie dans la population générale est de 6,9%.

 

Causes de la myopie

La myopie est maintenant considérée comme la combinaison de facteurs génétiques et environnementaux.

Facteurs génétiques

Des facteurs génétiques expliquent en partie l’existence de certaines myopies.

Les facteurs génétiques incluent l’hérédité et la susceptibilité accrue à développer une myopie avec certains facteurs environnementaux. A l’inverse, les facteurs génétiques peuvent expliquer le fait que certaines personnes ne développeront jamais de myopie malgré des conditions très défavorables.

L’hérédité est manifeste dans la plupart des observations. Son degré de participation reste très variable d’une étude à l’autre. Certains gênes ont été identifiées notamment sur des études incluant des jumeaux. Les grandes séries ont confirmé que les corrélations avec la myopie étaient nettement supérieures chez les jumeaux monozygotes que chez les jumeaux dizygotes.

Le mode de transmission peut répondre aux lois mendéliennes (lié ou non au sexe, caractère dominant ou récessif ou polygénique). 

 

Risque de transmission de la myopie forte

Certaines études ont montré que la myopie forte familiale non syndromique était de transmission autosomique dominante. Il a été identifié 7 loci chromosomiques qui rendent essentiellement compte de la forte myopie familiale autosomale non syndromique.

Les transmissions liées au sexe concernent essentiellement les myopies associées à des polypathogénies héréditaires (syndrome de d’Elhers-Danlos, de Weill-Marchesani Marphan, de Stickler.) La myopie y est alors congénitale et associée à d’autres anomalies, et concerne les chromosomes 15 q, 12 q, 6p, 2 q, 21 q et Xp.

Cette dépendance génétique ne concerne qu’une faible minorité des fortes myopies répertoriées et témoignent d’une très grande hétérogénéité génétique.

 

Risque de transmission de la myopie parents-enfants

Le risque de présenter une myopie serait plus fort si l'un des parents est myope. Il serait multiplié par 6,42 pour les enfants issus de 2 parents atteints. Ces corrélations sont valables pour les Caucasiens et les Asiatiques. Plus que les facteurs génétiques, c’est très probablement le mode de vie avec partage de l’environnement qui peut influencer la survenue de la myopie dans une même famille.

L’identification précise des gênes impliquées, devrait en principe bénéficier des progrès considérables réalisés ces dernières années dans le décryptage du génome humain.

 

Facteurs environnementaux

De nombreux facteurs environnementaux jouent un rôle dans le développement de la myopie.

Le travail de près

Cette hypothèse part du fait que l’incidence de la myopie augmente avec le temps passé en vision de près, le niveau culturel et le nombre d’années d’étude, quelle que soit la région du globe étudiée. L’incidence de la myopie serait moindre pendant les vacances d’été ou d’hiver. De nombreuses théories non validées mettent en avant le rôle de l’accommodation, le rôle du muscle ciliaire et le rôle de la stimulation maculaire qui pourrait induire la sécrétion d'un hypothétique facteur de croissance du globe oculaire. L’implication notable de ce facteur accommodatif est loin d’être démontrée de façon indiscutable.

Les conditions de luminosité

L’exposition lumineuse dans l’enfance pourrait jouer un rôle.  Les enfants nés en été auraient plus de risque de développer une myopie que ceux nés en hiver. Cependant, d’autres études ont montré l’inverse. Une étude récente  montre que les enfants qui passent plus de temps à l’extérieur sont moins sujets à la myopie. Cette étude a été menée sur les habitudes d’enfants entre 6 et 7 ans en Australie et à Singapour. En expérimentation animale, un éclairage faible peut déclencher une myopie.

L’habitat

Le lieu de résidence est susceptible d’avoir un impact non négligeable. La prévalence de la myopie est nettement plus élevée dans les grandes agglomérations que dans les régions rurales. Les facteurs intervenant dans le rôle de l’habitat sont multiples (facteurs socio-économiques, familiaux, intensité lumineuse, télévision, ordinateur, etc…)

La nutrition

L’incidence de la myopie serait augmentée en cas de consommation excessive de pain ou d’hydrate de carbone dans l’enfance. Les déficits en vitamine A, D et E sont parfois associés à certaines myopies. Cependant, les déficits alimentaires sont devenus rares dans les pays industrialisés alors que l’incidence de la myopie y augmente.

Le stress

Le stress a été incriminé dans le développement de la myopie. Il semble plus lié à la pression éducative et pourrait être un facteur d’évolution pour les myopies déjà installées.

Myopie, éducation, intelligence et Q.I.

Un certain nombre d'études ont trouvé un lien significatif entre la fréquence de la myopie et le test de quotient intellectuel élevé. Une relation de type génétique a également été évoquée sur la base d’une héritabilité possible de l’intelligence. Certains auteurs ont également évoqué la possibilité que myopie et intelligence puissent correspondre à des gènes ou des allèles proches.
En outre, dans certaines études, d'autres caractéristiques telles que le temps passé à la lecture par plaisir ou les capacités d’apprentissage des langues sont corrélés à l’existence de la myopie.

Combinaison de facteurs génétiques et de facteurs environnementaux

Des études mettent en évidence la prédominance du facteur parental dans l’apparition de la myopie et d’autres, celle des facteurs environnementaux.

Aujourd’hui, la plupart des travaux insistent sur la coexistence des 2 influences qui sont complémentaires. L’impact de l’environnement sur le développement de la myopie peut être influencé par le génotype et inversement.

 

Eviter la myopie

De nombreuses méthodes préventives ont été décrites pour éviter ou ralentir le développement de la myopie. La sous-correction optique n’a fait preuve que d’effets néfastes pour le développement de la vision chez l’enfant et n’a pas fait la preuve de son efficacité. Le port de lunettes pour la lecture de près, l’emploi de verres progressifs, l’utilisation de verres bi focaux, la rééducation, le biofeedback ou la pirenzepine n’ont pas fait la preuve d’une quelconque efficacité. 

Correction de la myopie

Le but de la correction de la myopie est de régler la vision de l’œil myope de loin en modifiant le trajet des rayons lumineux passant par l’œil.

  • Les lunettes rendent les rayons divergents. L’image d’un objet situé de loin se focalise sur la rétine et devient net.
  • Les lentilles posées sur la cornée répondent au même principe.
  • L’opération de la myopie modifie directement la forme de la cornée par le laser excimer en la rendant plus plate en dessous d’une certaine limite. Au delà de cette limite, la mise en place d’un implant devient nécessaire (myopie forte).

 

Mis à jour le 12/15