Risques et complications après l’opération par lasik

Les risques réfractifs

La sous-correction, la sur-correction de la myopie ou de l'astigmatisme

Aprės une opération sans incident, la vision n'a jamais été nette de loin ou de prés. Il s'agit d'une correction insuffisante (sous-correction) ou excessive de la myopie (sur-corrrection), de l'astigmatisme ou de l’hypermétropie responsable d'une mauvaise acuité visuelle.

Une retouche (ou retraitement) peut être envisagée si le patient le souhaite, et si l'épaisseur cornéenne est suffisante. Le délai pour la retouche est d'un mois pour le lasik  simple ou avec femtoseconde, et  de 3 mois pour une chirurgie par laser excimer de surface. La retouche est non facturée si elle est réalisée dans l'année qui suit l'opération.

La sous correction peut être souhaitable pour retarder les effets de la presbytie en cas de myopie résiduelle chez un patient déjà presbyte. Si la retouche n’est pas décidée, une correction optique par lunettes ou lentilles peut être nécessaire dans certaines circonstances (conduite nocturne par exemple). Le taux de retouche varie selon le chirurgien, mais aussi selon l'importance de la myopie et de l'astigmatisme exprimée en dioptrie.

Altération de la qualité de la vision

Après une opération sans incident, la vision n’a jamais été d'aussi bonne qualité même si la vision est correcte : le laser a corrigé la myopie, l’astigmatisme et  l’hypermétropie, cependant le volet réalisé a altéré la qualité de la vision.

Cette complication se traduit par : une gêne à la conduite automobile la nuit, une vision double d’un œil (lignes blanches dédoublées la nuit), éblouissements,  une gêne en présence de lumières vives ou du brouillard, une perte de contraste de jour ou de nuit, une vision de halos autour des phares de voiture, une diminution de la résistance à l’éblouissement.

Cette complication peut être due :

  • à un mauvais centrage du volet,
  • à un mauvais centrage du traitement laser,
  • à des plis qui se forment au niveau du volet,
  • à la prolifération de cellules sous le volet (prolifération épithéliale sous le volet),
  • à la déformation de la cornée (astigmatisme induit , pseudokératocone, ectasie de la cornée),
  • au déplacement du volet par frottement,
  • à l’apparition d’un haze par laser excimer de surface. Ce risque est moins fréquent voire inexistant depuis l’utilisation de la technique « tout laser » par femto seconde guidé par reconnaissance irienne.

Le traitement de cette complication est préventif par l’utilisation des nouvelles techniques (laser femto guidé par aberrométrie et reconnaissance irienne avec Eye Tracking) et la collaboration du patient pendant l’opération. Les troubles de qualité de la vision peuvent parfois s’estomper dans le temps à condition de ne pas se polariser dessus. Parfois ils doivent être traités par aberrométrie.

La sous-correction ou sur-correction : problème de capot

Il s’agit à la fois d’une sur-correction ou sous-correction et d’un problème de capot nécessitant une retouche et un retraitement du capot.

Les risques non réfractifs

La sécheresse oculaire aprés opération de la myopie par lasik

L'opération peut entraîner une sécheresse oculaire transitoire. Elle se traduit par des yeux qui piquent après l'opération surtout lors du travail sur écran.  La sécheresse peut être responsable d'une fluctuation dans la vision.

Cependant, de nombreuses personnes ne tolèrent plus les lentilles du fait d’une sécheresse oculaire. Après l’opération, les troubles persistent car la sécheresse persiste. Un traitement prolongé pendant 6 mois est parfois nécessaire après l’opération. Il repose sur l'instillation de collyre deux fois par jour pendant plusieurs mois.

Le Syndrome de sensibilité transitoire à la lumière

Le syndrome de sensibilité transitoire à la lumière est caractérisé par des symptômes de sensibilité à la lumière dont la gêne va d'une sensation légère à sévère. Il se manifeste entre 2 à 6 semaines après l'opération. Il n'y a aucune diminution de l'acuité visuelle.

L'incidence de cette sensibilité est observée chez 1% des patients après une création de volet avec le laser IFS. Les patients répondent en une heure à l'utilisation de stéroïdes topiques et la plupart rapportent une amélioration après une semaine de traitement.

Le Spectre de la lumière périphérique

Le spectre de la lumière périphérique est un phénomène temporaire. Il est décrit par les patients comme la perception ressemblant à un spectre de lumière dans la périphérie de la vision. L'examen clinique est normal et il n'y n'a pas de baisse d'acuité visuelle. 

Cependant, les effets diffractifs peuvent s'avérer gênants pour certains patients. Rapportés dans seulement 0,03 % des cas, ces symptômes  se manifestent immédiatement après l'opération. Ils disparaissent généralement sous trois mois, mais peuvent persister dans de rares cas.

L'impact du spectre de la lumière périphérique est cliniquement sans conséquence pour la grande majorité des patients. 

L’infection de la cornée

Ce risque est exceptionnel. Comme après toute chirurgie, des cas d’infection cornéenne ont été rapporté. Dans des cas sévères, cette complication peut aboutir à la formation d’un abcès de cornée et d’une cicatrice. Il peut y avoir, dans ce cas, un retentissement gênant pour la vision. Le risque d’infection est minimisé avec la découpe au laser femtoseconde (Intralasik). Le traitement préventif passe par le respect total des procédures d'hygiène dans le bloc opératoire.

L’invasion épithéliale de l’interface

Les cellules superficielles de la cornée (épithélium cornéen) peuvent s’immiscer entre la lamelle cornéenne de surface et la cornée traitée par le laser. Cette cicatrisation anormale peut se compliquer avec la formation d’une opacité et d’un astigmatisme irrégulier. Elle peut nécessiter une intervention afin de nettoyer l’interface située entre les deux foyers.

L’invasion épithéliale est plus risquée après une reprise chirurgicale (retouche). Cette complication semblent moins fréquente avec le laser femtoseconde (Intralasik).

L’inflammation de la cornée

Des cellules inflammatoires peuvent s’immiscer entre la lamelle cornéenne de surface et la cornée traitée par le laser (Syndrome SOS « Sand of the Sahara » ou DLK « Diffuse Lamellar Keratitis »).

Cette complication peut survenir dans les deux premières semaines après l'intervention. Il s'agit d'une réaction d'hypersensibilité à des composants venant des larmes ou de la flore microbienne de la surface de l'oeil.

Dans les formes bénignes, l'acuité visuelle est conservée, mais une impression de "voile" est ressentie, limitant la vision. Le traitement passe par l’instillation de gouttes de cortisone pendant une à deux semaines.

Dans les formes plus sévères, l'acuité est limitée par l'intensité de la réaction inflammatoire. Ceci nécessite parfois une ré-intervention. Ces formes existent mais sont l’exception.

L'ectasie de la cornée

L'ectasie de la cornée est une complication grave du lasik. Il s'agit d'une déformation majeure de la cornée. Elle entraîne une baisse d'acuité visuelle. Elle peut nécessiter une greffe de cornée.

La décompensation d'un kératocône

Le kératocône est une infection grave de la cornée pouvant entraîner un astigmatisme majeur irrégulier associé à une myopie.

Si le kératocône n'est pas dépisté avant l'opération, il peut s'aggraver après l'opération. D'où l'intérêt d'utiliser le Pentacam avant toute opération afin de prévenir cette pathologie.

Néanmoins, certains kératocônes peuvent apparaître après une opération alors qu'il n'existaient pas avant.

Le haze

Il s'agit d'une complication rencontrée exclusivement avec le laser excimer de surface. Le haze se voit essentiellement pour les myopies fortes au-delà de -6 dioptries. Il s'agit d'une prolifération de fibroblastes sous l'épithélium cornéen secondaire, à la photo-ablation de la membrane de Bowman, apparentée à une réaction inflammatoire.

La présence d'un Haze se traduit par une baisse de l'acuité visuelle, une sensation de voile,  qui survient quelques semaines après une opération par laser. Cette baisse d'acuité visuelle n'est pas améliorée par une correction optique. Il peut s'y associer une régression, c'est-à-dire une réapparition de la myopie.

Le haze est favorisé par l'exposition aux UV, lors d'un séjour au ski par exemple.

Il est visible à la lampe à fente sous forme d'une opacité superficielle de la cornée plus ou moins dense.

Le haze peut régresser spontanément ou avec l'aide de corticoïdes appliqués localement en quelques mois.  Dans les cas sévères, une résection de la réaction inflammatoire et l'utilisation de mitomycine C peuvent être efficaces.

 

Mis à jour le 12/15